L’homme : Est-ce
que tu peux m’apporter mon bandonéon s’il
te plait. Ici, il n’y a qu’un vieux piano désaccordé,
affreux.
Je m’ennuie….
....
La femme : …Je
vous jure que mon ex-mari n’est pas le genre à se
lancer dans une affaire d’espionnage ! C’est un poète,
un musicien qui compose allongé sur son divan ou plongé au
fond de son bandonéon.
Vous savez que mon ex-mari aime beaucoup le tango ?
Vous aimez le tango docteur ?
Le médecin : Le
tango, c’est la musique des âmes qui s’aiment...
....
L’homme.
…Quel est ce nom qu’on porte au fond de soi ?
Nous donne-t-il une place ?
Une place dans ce monde ?
Nous dit-il qui on est ?...
....
La femme en s’essuyant le nez :Vous
voyez, ce qui me touche, ce n’est pas le fait que vous
ayez des sentiments pour Pascal. Vous êtes son type de
femme, c’est certain. Mais c’est que vous n’avez
aucune espèce de sympathie pour moi !
Vous me mettez le nez dans la crème, mais vous n’avez
même pas pensé à m’offrir une rose !
....
La commissaire : …Vous,
vous troquiez votre amour contre un peu de folie.
Vous aimiez jouer, votre mari vous offrait un monde différent.
Vous faisiez l’enfant.
Vous vous amusiez tant que cela n’était pas trop sérieux.
Ce que vous ne supportiez pas, c’est la chute comme vous
dites, le moment où vous vous rendiez compte du danger et
de l’impossibilité de vivre dans le monde qui finalement
envahissait totalement votre mari.
Mais vous n’avez pas eu le courage de trouver votre propre
joie. Il faut être courageux pour être
joyeux.
....
Clara Schmitt : mais
ce n’est
pas fini !
Le journaliste hurlant : On
s’en
fout !
Clara Schmitt sort de son sac un pistolet. Elle se
le met sur la tempe.
Clara Schmitt : Je
veux finir mon histoire. Je suis venue ici pour raconter mon histoire,
je la raconterai !
La voix du journaliste : Pas
de panique Clara ! D’accord Clara allez-y, mais pas de
panique.
....
Tous dansent.
Et tandis qu’ils sont enlacés,
des bruits d’explosions se font entendre,
des informations,
des drames,
des cris se mêlent à la musique.
Eux dansent encore et encore...
Lecture du 2 avril 2007
Photos Jean Paul Lozouet
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